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Le commerce direct des produits fabriqués en Chine est-il susceptible de perturber le marché des consommateurs africains?

This article has been translated into the French by Yacine Bio-Tchané

La première plateforme d’e-commerce spécialisée dans la vente directe des produits fabriqués en Chine vient d’être lancée au Togo, un pays de l’Afrique de l’Ouest. Coincé tout comme la République du Bénin entre deux grands pays davantage connus, le Nigeria et le Ghana,le Togo est un petit pays francophone d’environ 7 millions d’habitants.

frenchComme l’énonce l’article :
« Nous voulons être les pionniers du commerce électronique au Togo et tirer parti de la forte coopération multiforme entre la Chine et le Togo, le premier pays carrefour commercial en Afrique de l’Ouest “, a déclaré Yuan Li, fondateur de JMSA-MALL, à Xinhua vendredi dernier à Lomé.
«Nous faisons la promotion d’échanges commerciaux directs, entre les clients africains et les commerçants chinois, de produits authentiques chinois à des prix intéressants “, a-t-il expliqué.

Des appareils électroniques jusqu’aux machines agricoles, la plate-forme offre une large gamme de produits chinois, qui sont vendus au Togo, ainsi que dans plusieurs autres pays de la sous-région tels que le Bénin, le Niger, le Ghana et le Burkina Faso.

Toutes les principales cartes de crédit sont acceptées comme mode de paiement ainsi que le système de paiement local via mobile money – Flooz (Moov). Il y a une politique de garantie avantageuse, et les articles sont entreposés à leur arrivée dans un bâtiment local pour les livraisons, au cas où l’article commandé n’est pas déjà disponible en stock dans leur entrepôt local. En outre, JMSA-MALL offre aux PME locales l’occasion de vendre leurs marchandises à travers leur plateforme. En apparence, cela semble bien – en supprimant les intermédiaires, ils peuvent offrir des meilleurs prix.

Yacine Bio-Tchané, notre collègue béninoise a aussi ses marques à Lomé. Ensemble, nous avons discuté de l’impact potentiel de ce lancement dans le contexte local, ainsi que des implications plus larges. Voici quelques réflexions:

Est-ce que cette plate-forme de vente « directe au consommateur» a un impact sur les commerçants locaux qui se rendent en Chine pour se procurer leurs produits?

Yacine a fait observer qu’à partir du moment où la plate-forme vend tout, des appareils électroniques aux machines agricoles, si certains éléments coûteux et lourds ne sont pas facilement disponibles au Togo, mais pour lesquels il existe une demande,ils peuvent être achetés en ligne et les utilisateurs pourront profiter de cette occasion. Aller à la Chine, identifier le bon produit au bon prix et l’expédier au Togo est long et coûteux (1). La plate-forme e-commerce réduit considérablement les coûts de transaction, ce qui la rend très attractive pour les acheteurs locaux.

Les produits chinois sont connus pour être moins cher (en prix et parfois en qualité) que les autres produits de sorte qu’ils sont très compétitifs et accessibles à de nombreux Togolais, surtout compte tenu du faible pouvoir d’achat. Si, au lieu d’aller au marché et de se promener à la recherche de ces produits, tout le monde pouvait acheter en ligne, les gens préfèreraient le faire. Cependant, alors que le Togo a 67% de pénétration des téléphones mobiles, moins de 10% de la population a accès à l’internet. Cela implique que la solution de commerce électronique est accessible à peu de personnes, mais cela pourrait déclencher une utilisation accrue de l’Internet par les commerçants.

Bien que l’article ne dise pas quels sont les principaux acheteurs (nationalité), il dit qu’ils couvrent plusieurs pays. Il ne serait pas surprenant de voir que la demande soit plus orientéevers le Ghana par exemple.

Le commerce direct de la Chine crée des marchandises

D’autre part, étant donné les coûts, le temps et les tracas pour aller en Chine à la source et expédier des produits à vendre au pays, cette plate-forme pourrait être attrayante pour les commerçants locaux eux-mêmes, à la fois au Togo, et au niveau régional. Comme le fait remarquer Yacine, la demande pourrait ne pas émaner du Togo même mais plutôt des pays voisins. Selon le fondateur de la plate-forme, le Togo est une plaque tournante du commerce en Afrique de l’Ouest pour la Chine.

La Chine a accru le commerce et les relations diplomatiques avec le Togo au cours de la dernière décennie. Il est même dit que la Chine est devenue le premier partenaire financier du pays. Les entreprises chinoises opèrent dans les industries, l’agriculture, le commerce et la construction. Ils créent de l’emploi et sont en concurrence avec des entreprises locales dans la vente de certains produits tels que les tissus.

Le fait que cette plateforme d’e-commerce soit tournée vers les consommateurs et qu’elle soit soutenue par un entrepôt local rempli de marchandises produits par la Chine est symbolique. Pour Yacine, le message le plus fort que la plateforme envoie est que les Chinois sont entièrement installés au Togo. Ce genre d’investissement à long terme, associé à leurs investissements accrus dans les industries, est déterminant. La Chine n’est plus un simple partenaire qui vient pour des projets périodiques, maintenant c’est un acteur important qui influe sur le comportement des consommateurs. Elle est sa propre image de marque, avec le lancement de ce consommateur face à la boutique en ligne.

Géographiquement, le Togo est bien placé pour toucher facilement l’Afrique de l’Ouest anglophone et francophone. L’e-commerce est déjà en train de décoller de façon exponentielle sur le marché géant du Nigeria, mais il en est encore à gagner du terrain dans les autres pays voisins. La Côte-d’Ivoire a quelques acquis, mais elle est encore à ces premiers jours. Traditionnellement, les Chinois ont attendu que les marchés soient à maturité avant de les inonder avec leurs prix plus bas – le marché du téléphone mobile illustre cela.
Ce lancement de la plateforme semble précoce pour les perspectives de l’e-commerce (de même que les paiements mobiles), mais pas du point de vue des tendances du marché et du commerce mondial.

Les industries manufacturières de la Chine ressentent les effets rétrécissement du marché mondial, et les problèmes de surcapacité. Le marché intérieur a toujours l’axe majeur de leur développement, ceci semble êtreleur première tentative sur un autre marché. Le commerce informel entre l’Afrique et la Chine n’a pas entièrement été sous le radar –les compagnies aériennes africaines et chinoises ont été les premières à répondre à la demande. En outre, il y a d’autres changements en cours de réalisation qui impacteront directementl’Afrique de l’Ouest, comme cerécentarticle de CNN le montre:

Au cours des 18 derniers mois, bien que des chiffres concrets soient difficiles à trouver, des centaines – peut-être même des milliers – d’Africains sont soupçonnés par les habitants et les chercheurs d’avoir quitté Guangzhou.

La dépréciation du dollar dans les pays d’Afrique occidentale dépendante du pétrole, associée à la politique d’immigration hostile de la Chine, le racisme généralisé, ainsi que le ralentissement et l’échéance économie, indique que Guangzhou perd son avantage concurrentiel. […] Alors que la Chine devient moins rentable, de nombreux Africains ressentent avec plus d’acuité les aspects négatifs de la vie la bas.

Si la montagne ne peut pas soutenir Mahomet, pourrait-elle au moins réduire les coûts en construisant des entrepôts appuyés par des marchés en ligne? Les centres d’entreposage de marchandises chinoises ne sont pas inédits sur le continent africain, l’Afrique australe dispose déjà d’un certain nombre, tandis qu’il a été dévoilé que la Chine finance la plate-forme logistique de la Tanzanie. Comme l’a déclaré le fondateur de JMALL, cette “plaque tournante du commerce qu’est le Togo semble être un nouveau pays partenaire. Est-ce que la plateforme d’e-commerce est un projet pilote pour tester efficacementle coût régional du marketing B2C?

Les géants du e-commerce Chinois comme Alibaba ont montré la voie avec les efforts de leur agent pour ouvrir les marchés ruraux difficiles de l’arrière-continent. C’est seulement une question de temps avant qu’un autre type d’intermédiaires n’apparaisse au Togo (et ailleurs) et offre des services similaires pour faciliter le commerce. Cette fois, cependant, ce sera depuis le confort de leur pays d’origine, car ils assistent les commerçants et les consommateurs avec les achats en ligne. Pris ensemble avec des investissements continus dans les systèmes de paiement via mobile money, les initiatives d’inclusion financière et l’utilisation du modèle d’agence – la Chine semble avoir saisi un excellent espace d’opportunité à explorer.

 

(1) Voici un documentaire qui suit un commerçant congolais pendant son shopping à Guangzhou, en Chine, cherche à remplir son conteneur avec des marchandises exportables. Il donne une assez bonne idée de l’expérience client.

Untapped opportunities in Francophone Africa for design of apps and smartphone solutions

Bacely Yorobi shares challenges at the AfDB Innovation Weekend, Oct 2015 Photo: Niti Bhan

Bacely Yorobi shares his challenges at the AfDB Innovation Weekend, Oct 2015  Photo: Niti Bhan

Bacely Yorubi frames the opportunity space for local app design and development in The Toronto Star:

“Lots of young Africans who’ve studied elsewhere and returned home have expectations of mobile services that don’t yet exist,” said Bacely Yorobi, an app developer from Ivory Coast. “So they’re the ones coding and putting new African-made apps out there.”
[…]
“Africans don’t like to put their money in the bank, but they will put it in their phone,” said Yorobi.
[…]
“We have everything we need to build an app, but we don’t have the support to bring it to market,” said Yorobi, during a trip to Paris to court investors.

I find it all the more interesting from the francophone West African perspective, as the nascent tech industry races to catch up with their anglophone neighbours in Nigeria, Ghana and Kenya. Given the waves being made by world class outfits such as Cameroon’s Kiro’o Games, or Senegal’s rapidly maturing tech ecosystem, one might discover they’ll outpace the competition given time and support.

Bacely’s comments also make me wonder why the global giants pushing financial inclusion in Cote D’Ivoire and other WAEMU countries aren’t looking for local partners and developers, given their ongoing struggles for traction. Perhaps its time to discover that not everything imported from abroad is always the best solution.

Leapfrogging the cookstove

corner

Abidjan’s Treichville Market, Cote D’Ivoire 13 Oct 2015

Take a closer look at those LPG (cooking gas) cylinders stacked around the pole, displayed for sale. The small ones on top have a rough and ready metal fitting attached to them which converts them into stoves.

IMG_3068However, you’ll  note in the delivery cart that these small cylinders are without the addition. This makes me wonder if its a value add by the shopkeeper?

IMG_3076It seems as though even this range of LPG table top stoves might be too expensive for some, or is it a solution meant for street vendors of food? The fact that these are being displayed on the smallest (and thus most affordable) size of cylinder is another hint that its an entry level solution.

A closer look implies that this might be a cookstove designed to fit on top of the cylinder and locally handmade by artisans rather than mass manufactured ranges shown above.

IMG_3084Either way, it caught my attention as I’d never seen this directly fitted approach to cooking with LPG before.