Les taxi-motos, potentiels livreurs en Afrique de l’Ouest

Une récente étude sur le e-commerce en Afrique à laquelle j’ai participé montre qu’en Afrique de l’Est, les taxi-motos servent de relais aux sociétés de livraison de la place. Ces sociétés, qui disposent pour la plupart de leurs propres flotte de véhicules et motos, utilisent les taxi-motos afin de réduire les frais opérationnels et aussi d’assurer des services plus rapides et efficaces face à la circulation dense dans ces capitales.

En Afrique de l’ouest, les taxi-motos sont légendaires. Que ce soit les «okada » du Nigeria, « Z » du Togo, « Zémidjan » du Bénin, ou ceux du Burkina, ils servent de moyen de déplacement public aux populations. Rapides (un peu trop d’ailleurs) et abordables, ils maîtrisent de manière générale les coins et recoins des villes. Dans les capitales, les conducteurs de ces engins à deux-roues étaient à l’origine des ressortissants de villes reculées qui avaient émigré pour améliorer leurs conditions de vie. Progressivement, face au chômage grandissant, de plus en plus de jeunes, diplômés et non diplômés enfilent la chemise de couleur appropriée pour la ville.

Alors, lorsqu’on voit que la nouvelle expérience de shopping, e-commerce ou non, consiste à amener le produit au client, on comprend que la livraison est un service qui sera de plus en plus prisé. Au début c’était principalement les restaurants à menus occidentaux/fastfood ou les magasins d’électroménager/mobilier qui livraient. Maintenant, on note la diversification des sociétés qui donnent l’option de livraison à leurs clients, surtout avec la montée de la promotion de ces sociétés sur les réseaux sociaux. Dans tous ces cas d’espèce, la livraison est assurée par les sociétés elles même.

Pourquoi est-ce que les sociétés dans les pays qui ont des milliers, voire des millions de taxi-motos dans les villes stratégiques, n’en profitent pas pour faciliter l’achat en livrant aux clients. Personnellement, je sais à quel point cela serait avantageux pour plusieurs services. Que ce soit les grossistes de l’agro-alimentaire, les bouchers/éleveurs de volailles, l’électronique, les prêts-à-porter, etc. les structures de la place gagneraient à faciliter l’expérience d’achat du client en livrant à l’achat ou ultérieurement. C’est sûr, elles ne peuvent pas toutes se permettre de disposer de leurs propres livreurs, donc autant profiter des taxi-motos.

Il suffirait de les professionnaliser pour assurer un service clientèle standard. Dans ce cas, les sociétés voulant offrir un service de livraison pourraient créer un réseau de taxi-motos qui seraient contactés ponctuellement pour effectuer des livraisons aux clients et rémunérés au prorata. Les frais de livraison seraient supportés entre le vendeur et le client.

C’est clair qu’il faudra stimuler la demande pour la livraison mais cette idée vaut le coup d’être testée. Les clients gagneraient en temps et seraient avantagés tandis que les sociétés étendraient la portée géographique de leurs produits et services.

Mais plus important, elle permettrait de créer une filière porteuse et de créer de la valeur ajoutée à une profession qui ne cesse de se développer dans plusieurs villes.

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